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Mercredi 31 janvier 2007

Le footballeur Lilian Thuram révèle aujourd'hui dans Le Parisien les propos que Nicolas Sarkozy lui a tenu lors d'une entrevue, peu après les émeutes en banlieue, à l'automne 2005.

Question du Parisien - Au moment de la crise des banlieues, vous aviez aussi rencontré Nicolas Sarkozy?

Réponse de Lilian Thuram - J'avais trouvé son discours racial et communautariste. Notamment lorsqu'il m'avait expliqué qu'il fallait mettre des télécaméras dans les banlieues. Je lui avais fait remarquer que les plus gros bandits sont peut-être à Neuilly. Il m'avait répondu: "M. Thuram, ceux qui créent des problèmes en banlieue, ce sont les Noirs et les Arabes. "

A bon entendeur...

Mardi 30 janvier 2007

Suite du tour d'horizon...Aujourd'hui, Brice Hortefeux, pressenti comme le futur Ministre de l'Intérieur de Nicolas Sarkozy - autrement dit, son propre successeur.


Ce n'est pas un hasard car s'il y a bien un fidèle du chef de l'UMP, c'es lui. Un ami de plus de trente ans rencontré à Neuilly-sur-Seine, là où ça craint sévère et qu'on apprend la vie (par exemple, la fourchette à gauche et le couteau à droite).


D'allure, Hortefeux a l'air d'avoir pris un coup de soleil en permanence. Et c'est le cas d'ailleurs - si toutefois on se souvient des paroles de la chanson du même nom, de Richard Cocciante.
" J'ai attrapé un coup de soleil, un coup d'amour, un coup de je t'aime".


Le coup de je t'aime, en l'occurence, il est bien sûr destiné à Sarkozy que Hortefeux vénère plus que tout. C'est plus que de l'amitié. Ce n'est pas seulement un porte-flingue (d'ailleurs, Hortefeux, porte-flingue, y a des sonorités proches, enfin bref). Bien qu'il joue aussi les snipers, quand on lui demande.


C'est notamment lui qui avait traité Jean-Louis Debré de "Rantanplan" (notons qu'il partage la même bibliothèque que Christian Estrosi). Du temps où Fillon n'était pas encore rallié au Ministre de l'Intérieur et se montrait même critique à son égard (comme le vent tourne), Hortefeux l'avait attaqué sans ménagement. En réponse, Fillon avait dit: "Mais c'est qui, Brice Hortefeux?".


Oui, car son anonymat est incontestablement son talon d'achille. Sa souffrance, même. Combien de fois n'a-t-il pas fait ce cauchemar dans lequel, arrivant au Conseil des Ministres, le valet de chambre de Villepin lui interdisait l'accès:
"Désolé Monsieur, c'est une soirée privée ici.
- Mais je connais le futur patron
- N'insistez pas Monsieur. Par contre, essayez la salle des UV à côté
".


Quelque fois, Hortefeux tente de voler par ses propres ailes, de sortir de l'ombre du maître. Mais c'est dur, la vie.



Si vous l'écoutez parler, vous allez voir qu'il a exactement les mêmes intonnations que Sarkozy, parfois la même voix, c'en est troublant. On appelle ça du mimétisme et ça en dit long sur la relation entre les deux. D'ailleurs, Sarkozy en personne se plait à répéter aux journalistes qu'Hortefeux est jaloux de Cécila Sarkozy depuis qu'elle a repris sa place de "communicante" la plus écoutée (c'est à dire depuis que Richard Attias l'ex de Cecilia a reçu de l'anthrax dans sa boite aux lettres et un coup de téléphone anonyme "M. Attias, votre fille va bien à l'école au 10 boulevard Lincoln, Ok, juste pour savoir").


La semaine dernière, au Sénat, empêtré dans l'affaire des RG et questionné par le bouillonnant Mélenchon,   Hortefeux s'est emporté en accusant Mélenchon d'être une taupe au PS...Accusation sans preuve, méthode de délation, la grande classe... Lequel Mélenchon est descendu de sa tribune et a failli lui en coller une. Si vous avez vu les images à la télévision, c'est très drôle. Hortefeux prend sa grosse voix et quand le socialiste s'approche de lui, on sent son assurance fondre comme neige au soleil (décidément): "MAIS MOSSIEUR MELENCHON, ON SAIT BIEN QUE eeeh t'as pas le droit de me toucher".


Dure vie quand on vit dans l'ombre de son héros. Et nom de Dieu, que ça fait mal un coup de soleil.

Lundi 29 janvier 2007

Suite du tour d'horizon des potentiels futurs ministres sarkozystes...

Et pas des moindes aujourd'hui. Regardez-le bien, on murmure que cet homme sera le Premier Ministre de Sarkozy.

Surprenant, hein? On aurait imaginé un type dans la veine sarkozienne, surexcité, énervé, agressif, brutal...Nadine Morano par exemple.Et bien non, c'est François Fillon.


Ô joie de vivre, ô gaieté enivrante!


Avec sa tronche de pierre tombale sous la pluie, un soir d'hiver à Varsovie, Fillon jette un froid partout où il passe. Lors de la canicule de l'été 2003, Raffarin avait proposé d'envoyer un Fillon dans chaque maison de retraite mais l'intéressé a refusé.

Il faut dire aussi qu'elle tombait bien, cette grande châleur, pour lui qui s'occupait de la réforme des retraites. C'est d'ailleurs pour cela qu'on le connaît, lui qui a réussi à mettre trois millions de personnes dans la rue grâce à son sens du dialogue aiguisé.


Il faut le voir déambuler dans les rues de Sablé sur Sarthe, le patelin paumé folklorique où il est élu sénateur. On sent tout de suite qu'il aime la vie et les gens.

Quand il dit "bonjour", les gens comprennent "T'as pas un rasoir, misérable être humain, je m'ouvrirais bien les veines aujourd'hui".
Je me souviens même d'un reportage où il engueulait presque des gens de sa circonscription, de jeunes retraités qui passaient tout sourire à sa permanence lui dire bonjour. D'une voix sèche, il leur a balancé:
"Ah, vous êtes déja à la retraite...C'est pas comme ça qu'on va s'en sortir (soupir)".

Un ange est passé et les retraités sont repartis, penauds.


Notez qu'il en a rien à secouer, Fillon, d'avoir l'air sympa vu qu'il est sénateur - donc il n'est pas élu directement par le "peuple". Heureusement, sinon, il serait obligé de serrer des mains et ça beurk, c'est dégueulasse, et pourquoi pas sourire, non mais ho.

D'ailleurs sur son blog, où il prétend que la gauche "abaisse" le niveau du débat politique (oubliant Jacques Godfrain, Estrosi, Morano, Gerald Dahan, le RG...), il censure ou non les commentaires des internautes. Du coup, 90% des messages laissés tournent au cirage de pompe. J'ai même vu un fan de Fillon (bon déja, ça, c'est incroyable) accuser Ségolène Royal d'être "hitlérienne". Sans déconner.

A mon avis, vu son charisme, je ne donne pas cher de la peau de Fillon à Matignon, si par hasard, la galaxie était réduite à néant Sarkozy arrivait au pouvoir. Pas grave puisqu'il pourra toujours faire carrière à Roc Eclerc, là où l'attend sa véritable vocation
Et quand les cadavres défileront devant lui, il leur dira
"Tsss...C'est pas trop tôt...Si vous pensez que c'est comme ça qu'on va s'en sortir..."

Samedi 27 janvier 2007

Après la semaine des dérapages, nous sommes carrément rentrés dans la semaine des coups bas. Bien bas. Sortez les pinces à linge...

 

 

A droite: Ne vous demandez pas d'où pleuvent les coups bas, contentez-vous de regarder s'agiter Sarkozy. On a donc appris cette semaine que le candidat UMP utilisait les RG pour enquêter sur l'entourage de Ségolène Royal. "Quelle enquête? Une enquête sur son programme? Mais c'est pas une enquête, c'est une exploration" a grassement ironisé Sarkozy, prouvant au passage qu'il y a de la concurrence sur le créneau "humoristes à la con".
Pour le programme de Sarkozy, pas besoin d'enquêter, il suffit d'allumer TF1.





A gauche: Ségolène Royal a pu goûter à un autre coup bas. Ainsi, l'humoriste Gérald Dahan l'a piégée via un canular téléphonique en se faisant passer pour le Premier Ministre québécois et l'a titillé sur une potentielle indépendance de la Corse. S. Royal aurait répondu en plaisantant "Les Français ne seraient pas contre".
Aussitôt après, Sarkozy se jette sur l'affaire comme une mouche sur une merde et juge "consternants" les propos de Ségolène.
Oubliant au passage qu'il ne s'agit pas de propos officiels (qu'il n'a donc pas à commenter), qu'il s'agissait d'une plaisanterie...
Sauf qu'en creusant un peu, on s'aperçoit que Gerald Dahan est un proche de Sarkozy et qu'il est déja venu faire des sketchs au meeting de l'UMP pour chauffer la salle...
Ce n'est pas un canular, c'est un traquenard et c'est la porte ouverte à n'importe quel coup fourré.
Bon, voyons voir...Didier Gustin, il est de gauche? Appelez-le moi, y a du boulot pour lui...

 

 

 

Au centre: Autre coup bas, celui de l'Abbé Pierre à l'encontre de Nicolas Hulot. Le fondateur d'Emmaus n'a rien trouvé de mieux à faire que de mourir le jour où l'animateur de Ushaïa annonçait son retrait de la course présidentielle - ce qui a quelque peu parasité l'annonce en question, privant Hulot d'un effet d'émotion.
Du coup, pour se venger, Hulot est allé cisailler deux, trois tentes Quechua sur les bords de Seine. "Ca sert à rien mais ça soulage" a-t-il ensuite déclaré à Jojo le Mérou président de son comité de soutien.


 

 

 

A l'extrême-gauche:  Coups, tout court, cette fois. Au Sénat, Jean-Luc Mélenchon  (oui, bon extrême-gauche un peu) a failli mettre son poing dans la gueule à Brice Hortefeux, ministre sarkozyste qui l'accusait d'être une taupe au sein du PS.
Alors que Hortefeux, lui, joue plutôt les taupes à l'extrême-droite pour leur voler leurs méthodes de délation.

 

 

 

A l'extrême-droite: Coup tout court aussi pour le Président de la Région Languedoc Roussillon: 15 000 euros d'amende pour Georges Frêche qui avait traité les Harkis de "sous hommes"...
"Il y avait trop de juges dans l'équipe du tribunal" a-t-il commenté en sortant du palais.

 

 

 

 
 
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