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Jeudi 31 mai 2007

Cannes m'a permis de voir 14 films, certains très bons, d'autres très mauvais. Certains sont déjà sortis en salles, d'autres resteront peut-être inédits. En plusieurs articles, voici quelques courtes critiques de ces films (pour ceux qui attendent des articles plus politiques, je n'oublie pas les législatives, ça va venir...).
Voici donc cette première salve (comme je suis aimable, j'ai classé par ordre alphabétique, ouais).

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A l'intérieur, de Julien Maury et Alexandre Bustillo

Une femme enceinte qui a perdu son mari dans un accident de voiture passe la nuit de Noël seule. Mais une visiteuse inquiétante vient frapper à sa porte avec la ferme intention de lui voler son bébé.

En général, quand on associe "film d'horreur" à "français", c'est un peu comme associer "François Fillon" à "joie de vivre". C'est ridicule, on n'y croit pas.
Et bien ravalons nos préjugés avec ce film: pour leur premier opus, Maury et Bustillo (deux anciens de la revue Mad Movies) sont allés plus loin que beaucoup de films américains (Shining, Saw font partie de leurs références) et n'ont pas lésiné sur les moyens. Ultra-gore, le film oscille entre le drôle (humour noir, bien entendu) et le dérangeant (une césarienne au ciseau, en gros plan!). 
Tout, ils montrent tout. Et si Béatrice Dalle (l'intruse) dispose d'une réelle capacité à effrayer, le film préfère miser à fond sur le sanglant - gratuit et assez con, pour tout dire. Un pur délire de grands ados qui se demandent jusqu'où on peut aller dans le dégueu. Selon votre propre réponse à cette question, vous aimerez ou vous détesterez. J'ai aimé.


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Blind Mountain (Mang Shan), de Li Yang

Dans la Chine profonde et rurale, une jeune femme est vendue à une famille, à son insu. Le fils veut en faire sa femme, mais devant son refus, il la viole et la séquestre.

Sur le papier, le film n'est pas gai. A l'image, non plus. Peinture réaliste des tréfonds chinois, le film montre crûment le calvaire d'une jeune fille abusée et violentée. Là-bas, les chiennes du garde ont un sacré pain sur la planche (je propose d'ailleurs d'y envoyer Isabelle Alonso). 
L'une des scènes les plus choquantes est incontestablement celle du premier viol de la jeune fille, perpétré "grâce" aux parents de son bourreau.
Blind Moutain montre aussi que l'éducation est certainement la seule voie pour se sortir de cette barbarie (assez évident, en même temps). Mais les dernières images du film
, qui nous laissent en plan, sans morale, avec une loi du talion sur les bras, peuvent prêter à confusion.


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Boulevard de la mort (Death Proof), de Quentin Tarantino

Un soir dans un bar, quatre jeunes femmes rencontrent un cascadeur ringard dont la grande passion est de tuer au volant de sa voiture à l'épreuve de la mort (d'où le titre).

Et voici le film que Tarantino n'aurait jamais du faire. L'objectif était de rendre hommage (une fois de plus) aux séries B, voire Z des années 70 qui peuplent sa vidéothèque. Hommage poussé jusqu'à la mise en scène (zooms brutaux), à l'image (vieillie) et au montage (bobine manquante, image qui saute...). Une distanciation qui permet aussi de cligner de l'oeil vers la Nouvelle Vague - autre référence perpétuelle du cinéaste.
Seulement voilà, qu'est-ce qu'on s'emmerde. 
Tarantino s'auto-parodie involontairement. Ses dialogues sont imbuvables. D'habitude, humoristiques et légers, ils font le calme avant la tempête.
Ici, le calme est ennui. Que regarde-t-on? Des pisseuses raconter leurs histoires de cul avec le maximum de vulgarité. Rien à foutre. Et quelle tempête? Une scène de poursuite en voiture d'une demi-heure, certes tout à fait spectaculaire (surtout avec l'excellent Kurt Russel) mais qui n'est même pas meilleure que celle du modeste Ronin par exemple (de Frankenheimer, avec De Niro).
Une vraie plantade qui montre que Tarantino va devoir se renouveler. A sa décharge, le film a été rallongé pour sa sortie française après son échec aux USA. Résultat: c'est sûrement encore pire.


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Funuke, show some love you losers! (Funukedomo, kanashimi no ai wo misero), de Yoshida Daihachi

Bon, vous avez réussi à lire le titre, vous n'allez pas vous arrêter en si bon chemin. L'histoire: dans le Japon rural, deux soeurs se retrouvent après la mort accidentelle de leurs parents. La première est une actrice ratée qui se défoule sur la seconde - jeune introvertie qui retranscrit ses états d'âmes en dessinant des mangas.

Ce qui peut attirer ou rebuter dans ce film, c'est son mélange entre burlesque et drame. Fondamentalement, l'histoire n'est pas heureuse. Elle se double de thèmes assez intrigants comme la moralité dans la cellule familiale (on y effleure des sujets comme l'inceste ou le parricide) et de scènes cruelles (les souffrances que l'aînée inflige à sa cadette) qui auraient pu être davantage développées.
Mais le moins convaincant, ce sont sans doute les gags, répétitifs et lourdingues. Le film reste à voir par curiosité ceci dit.


La prochaine fois, nous parlerons notamment du dernier Ferrara et du dernier des frères Cohen...

Mardi 29 mai 2007

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Figurez vous que j’ai eu la chance de remporter un concours pour aller à Cannes organisé par le Ministère de la Jeunesse, avec 60 autres d’jeun’s (j’ai 24 ans, hein) pour assister au festival. Ouais.
Il se trouve que mon amie était sélectionnée aussi, mais en tant que membre du « jury jeunes ». En gros, ça s’appelle avoir le cul bordé de nouilles. Mais bon, ça ne dure qu’une semaine.
 
CHAPITRE I - L'ARRIVEE (train couchette et suicide)
 
Je suis arrivé en cours de route, le premier dimanche. Après 11 heures de train couchette (ô joie), musicalement animée par les ronflements de mes voisins de sommeil (ô allégresse) dont un qui, en plus, parlait en dormant (ô magnificence), j’ai fini par y arriver.
A Cannes.
Ouais.
Direction l’hôtel tout de suite. A 3 dans la chambre. Vue sur la piscine mais surtout sur la mer – et ses yachts. J’ai essayé de voir s’il y avait Sarkozy dessus mais bizarrement non, il devait être au Fort de Brégançon – quel bosseur, ce mec.
Faut dire que Cannes, et je m’excuse auprès de mes nombreux lecteurs du Sud Est c’est un peu Sarkoland. Là-bas, c’est 70% de voix pour Sarkozy, 30% pour Le Pen. Il n’y a qu’un socialiste, qui se fait fouetter avec des orties chaque matin sur la place de l’Eglise. Trève de politique, ce n’était pas du tout le sujet (et tant mieux, ça repose).
 
L’hôtel donc, classe. Sauf que le premier jour, un client s’est flingué en se jetant du balcon. Mais nous ne l’avons su qu’à la fin – les Très Gentils Organisateurs ayant décidé de cacher l’info pour ne pas plomber l’ambiance – judicieuse initiative.
 
 
CHAPITRE II -  SUR LA CROISETTE (nanars et champagne à jeun)
 
Peu après, direction La Croisette. En fait, Cannes, c’est simple : c’est un boulevard.
D’un côté, les lieux de projection dont bien sûr le Grand Palais, oui oui oui, celui avec des marches rouges et tout.
Dans le Palais, on trouve aussi le marché du film – un endroit avec pleins de stands tenus par des boites de distribution qui essaient de vendre leurs films – souvent de gros nanars, des séries Z dont les affiches font rire. Des fois, il y a des cocktails où vous pouvez boire à l’œil des coupes de champagne – mais à jeun, ça fait mal quand même.
Plus loin sur le boulevard, on trouve ensuite les plages et le plateau du Grand Journal.
De l’autre côté : les hôtels. Hilton, Carlton, Martinez. Des noms qui claquent. Avec mon accréditation, j’avais le droit d’y rentrer (pas d’y dormir) et même de pisser dans les chiottes. La méga classe, hein ?
 
 
CHAPITRE III - LES PROJOS (mendiants et malaises)
 
Alors bien sûr, Cannes, c’est le cinéma. Il y a plusieurs compétitions parmi lesquelles l’officielle – celle dont tout le monde parle – et pour laquelle une accréditation ne suffit pas – il faut aussi une invitation. Précieux ticket que quémandent des festivaliers à l’entrée du Palais, une pancarte dans la main sur laquelle est marqué « Une invitation SVP ». C’est un procédé qui marche quelquefois. Notez tout de même que Cannes, c’est le seul endroit où vous verrez des mendiants en smoking. Surprenant.
Le problème pour assister aux films, c’est qu’il faut faire la queue. Sous le soleil. Longtemps. De temps à autre, une masse vous tombe dessus. Vous vous retournez et vous voyez une femme écroulée par terre, les yeux révulsés, ayant visiblement oublié de bouffer.
Ajoutez à cela des sandwichs avalés en quatrième vitesse pour ne pas être à la bourre aux projections et des kilomètres parcourus toujours sur ce même foutu boulevard de la Croisette (au bout de deux jours, j’avais tellement d’ampoules aux pieds que j’aurais pu ouvrir un Castorama dans mes pompes cirées), et résultat, quand vous arrivez dans la salle, vous êtes sur les rotules.
Parmi les 60 personnes qui étaient avec moi à Cannes, je crois que tout le monde a pioncé au moins une fois pendant un film.
Les premiers jours, c’est particulièrement inévitable. Devant le Gus Van Sant, qui était pourtant très bien, j’ai commencé à piquer du nez. Faut dire aussi que la projection était à 8h30 du matin. Redoutable.
 
Mais les projections à Cannes, c’est aussi toute une ambiance où ça siffle, ça applaudit, ça quitte la salle…Je me souviens surtout du Catherine Breillat où quelqu’un a crié « Au secours ! » en présence de l’équipe du film. Plusieurs personnes ont sursauté et se sont agitées, croyant à un malaise dans la salle. En fait, la personne voulait juste souligner la chiantitude du film. On ne se gêne pas. A la fin de la projo, Breillat pleurait – et pas de joie.
 
 
CHAPITRE IV - LES PIPOLES (De Menez à Ferrara)
 
Mais Cannes, ce sont aussi les pipoles, les fameux. Tout de suite, on pense à la montée des marches. Si vous voulez y assister, prévoyez votre tente parce qu’il y a une armée de badauds agrippée aux barrières de sécurité à chaque fois. Les gens laissent même leurs escabeaux et leurs chaises, accrochées aux barrières avec des antivols ( !!!) pour ne pas se faire piquer la place le lendemain.
 
Un mot d’ailleurs à ce sujet. Le soir, sur la plage, des petits chapiteaux abritent des fêtes. Ce qui est marrant, c’est qu’on peut voir l’intérieur de ces chapiteaux depuis le boulevard. Alors, il y a des badauds qui regardent les gens faire la fête, avec l’espoir d’apercevoir une star.
Du temps monarchique, les gens regardaient le roi chier. Aujourd’hui, les gens regardent les people se faire chier.
 
Moi-même avec des compagnons de voyage, nous avons essayé de nous incruster dans une soirée pipoles. On s’est pointé devant le bunker gris de Canal Plus en se disant que le videur ne nous laisserait jamais rentrer. Et bien figurez-vous que si ! Il a aperçu un badge autour de nos cous et sans se poser de question, il nous a ouvert la porte.
Dans l’établissement, on tombe nez à nez avec Louise Bourgoin (la miss Météo de Canal). On fait quelques pas, on arrive au beau milieu d’une pièce où dînent Denisot, Alain Delon, Ariane Massenet et toute la clique de la chaîne cryptée.
Et soudain, une femme blonde nous interpelle, nous demande qui nous a invité. « Ben heu… ».
Et on est sortis.
 
A part ça, j’en ai vu quelques-uns de people : au début c’est marrant, à la fin on s’en tape. J’ai juste serré la main à Philippe Torreton en lui disant bravo pour son engagement auprès de Ségolène Royal. Il m’a dit merci. En vrac, j’ai vu aussi Bernard Menez, Michel Leeb, Ardisson, Cauet, Mademoiselle Agnès, Bruce Toussaint (ouais), Pascal Gregory, Aki Kaurismaki, Toni Collette, Natacha Régnier, Chabat (très sympa), Maria de Medeiros, Béatrice Dalle, Besnehard, Kassovitz, Gérard Depardieu, Frédéric Mitterrand (très sympa aussi), Joaquin Phoenix, Eva (aaaa) Mendès, Asia Argento, Jane Fonda et j’en oublie…De loin, d’une terrasse du palais des festivals, j’ai aussi aperçu Brad Pitt et Angelina Jolie ainsi que Sharon Stone.
 
Un soir, avec deux compagnons de festival, on croise Abel Ferrara, beurré et défoncé, au bras d’une jeune femme et à côté d’un type. On s’en va lui serrer la main en disant « Hey Abel ? How are you ? »
 
« mrfrge yeah, nous répond-il, I’m…so…far ».

En fait, on s’est rendu compte que le type qui l’accompagnait était en train de presser la sonnerie d’un médecin de garde. Effectivement…so far…
 
 
CHAPITRE V – MA MONTEE DES MARCHES A MOI
 
Le moment le plus fort fut sans doute la montée des marches. La mienne. Le mercredi soir, à soixante. Avec nos nœuds pap’. Ca fait quelque chose.
J’ai revu l’ado que j’étais qui regardait ça en rêvassant devant sa télé.
Par hasard, j’étais en tête de peloton quand nous avons grimpé le tapis rouge. J’avais un appareil photo dans une main, mon téléphone portable dans l’autre mais je n’ai rien pu prendre. J’étais trop hypnotisé.
On passe devant les photographes qui nous flashent (certes, pas avec la même énergie que pour Brad Pitt). On entend la voix du commentateur « Et voici les soixante jeunes du Ministère de la Jeunesse qui montent les marches… ».
Je grimpe maladroitement les marches. Je regarde partout. La foule derrière nous. Les flashs. Et soudain, mes yeux se posent sur l’écran géant qui retransmet la montée pour les milliers de spectateurs aux alentours. Là, petit choc : je me rends compte que c’est ma tronche qui est à l’écran pendant ce qui m’a semblé une éternité. Je suis pétrifié. Ma tronche de con.
Je monte jusqu’au bout. Et voilà, c’est fait. Peu importe le film pour lequel je suis monté (Man from London de Bela Tarr, en l’occurrence). I did it, motherfucker.
 
 
EPILOGUE - RETOUR AU QUOTIDIEN
 
Et ainsi sont passés les jours. J’ai monté les marches deux autres fois, mais sans être annoncé et sans être filmé. Ce n’est pas du tout la même chose.
Au bout d’une semaine, hier en fait, nous sommes rentrés à la maison.
Sur le chemin du retour, je fais une halte de deux heures à Bordeaux. En patientant dans un café devant la gare, un type avec une gueule de boxeur ahuri mais une voix aigue comme s’il avait été castré m’aborde.
(voix de Bee Gees) - T’as pas une clope ?
- Non, désolé.
- Ah…Je m’appelle Antonio. Je suis SDF. Et portugais.
- Ah.
- Tu t’appelles comment ?
- Thibaut.
- Tu vas où Thibaut?
- A Poitiers.
- Poitiers ? C’est là où y a Aqualand, non ?
- Non, c’est le Futuroscope.
- Ah ouais. Ecoute, Thibaut. Si t’as un problème à la gare…ou ailleurs…Tu m’appelles, d’accord ? T’appelles Antonio. Je serai là. Parce que t’es comme mon frère, Thibaut. Ok ?
- Ok.

Retour au quotidien, donc. Mais avec des souvenirs indélébiles en plus. Ce n’est pas rien.
Lundi 28 mai 2007

Salut tout le monde,

Je reviens juste du festival de Cannes et je vous raconterais tout ça très très bientôt, juste après avoir fait mes 258 heures de sieste.

Mais comme j'ai vu qu'un sombre guignol avait laissé des commentaires sur mon blog en se faisant passer pour moi et en disant que j'allais voter à droite, je ne peux m'empêcher de faire illico une mise au point.

Quand c'est écrit "réponse de tibo", ça signifie que c'est moi qui m'exprime. Quand c'est écrit, "commentaire de tibo" , ça signifie qu'un guignol profite de mon absence pour se faire passer pour moi.

Donc, voilà, je suis toujours autant anti-sarkozyste et anti-droite, surtout quand je vois ce genre de méthodes mais je compte bien mettre tous les moyens en ma possession pour retrouver le coupable et le torturer dans la cuvette des chiottes, lui et tous ses descendants pendant 98 ans. Sur ce, bonne sieste et à très bientôt!

Vendredi 18 mai 2007

Oh, le joli gouvernement que voilà. Et si, pour cette deuxième semaine passée sous Sarkozy, nous en faisions le tour? Pas intégralement, je vous rassure.

 

fillon-copie-1.jpgFrançois Fillon (Premier Ministre)

Si cet homme n'est pas du tout sympathique, il n'empêche qu'il peut inspirer une sorte de pitié. Avec son bagout de croque-mort dépressif et sa raie au milieu d'un autre temps, il semble toujours revenir de l'enterrement de son meilleur ami. Et quand il fait des efforts pour avoir l'air plus "cool", ça fait pschit. Comme hier, quand il s'est pointé à Matignon en footing et en basket. C'était ridicule, j'ai failli envoyer un mot de condoléances à ses parents.

Pitoyable, à première vue, l'homme n'en cache pas moins un projet foncièrement à droite. Notamment la réforme de l'assurance maladie avec l'instauration d'une franchise de 100 euros (c'est à dire qu'à 110 euros de dépenses en médocs et en médecin, vous aurez 10 euros de remboursés. Et à moins 100 euros, nada). Avec un argument imparable: "Si les gens sont prêts à payer un forfait pour leur téléphone portable, pourquoi pas pour leur santé?" a-t-il avancé.

Merveilleux: mettre la santé et la téléphonie mobile au même niveau, même Madelin n'y avait pas pensé.

Mais l'avantage avec Fillon, c'est qu'il a un nom qui va inspirer 10 000 pancartes bucoliques aux prochaines manifs. D'ailleurs, un surnom lui colle à la peau: "Courage Fillon". Car l'homme a trahi beaucoup. C'est sans doute pour cela qu'on retrouve un bel échantillon de traîtres dans son gouvernement, comme nous allons bientôt le voir.

 

alliotmarie.jpgMichèle Alliot-Marie (Intérieur)

Des bidasses aux flics. MAMie est dégoûtée. Elle voulait les affaires étrangères. Sarkozy lui a dit "Et mon slip, tant que t'y es?' (enfin, j'imagine).

Pourtant, elle s'était donnée du mal, pendant cette campagne, Alliot-Marie. Elle a beaucoup tapé sur Ségolène Royal et elle a essayé d'y mettre autant de finesse qu'un Jean-Marie Bigard dans un salon érotique. Le mieux, ce fut quand même lors de la visite de S. Royal au Proche-Orient. "Madame Royal met en danger la vie de nos soldats" avait-elle déclaré. Ensemble, tout devient possible et tout devient mesquin.

 

Christine Boutin (Logement)

Quand on a promis de nommer un gouvernement paritaire et qu'on est de droite, à un moment donné, on est poussé à faire les fonds de tiroir. C'est là qu'on trouve, tiens tiens, une Christine Boutin. On se remet alors à penser à cette douce époque où la dame vociférait contre le PACS, dans des manifs avec le Front National où l'on criait "les pédés au bûcher", mais aussi à l'Assemblée où elle brandissait sa Bible. Et là, on se dit, non quand même on peut pas la nommer Ministre. Et bien si, surtout quand on s'appelle Sarkozy et qu'on se soucie de la laïcité comme de sa première matraque.

Ceci dit, et pour être tout à fait objectif, Boutin a une vraie fibre sociale et un réel souci des conditions de vie en prison. Ce qui tombe bien, mais brave Christine, auras-tu suffisamment d'influence face à...

 

Rachida Dati (Justice)

Rachida Dati nommée Garde des Seaux, c'est un grand pas en avant pour les "minorités visibles" et un grand pas en arrière pour la Justice. A sa décharge, c'est surtout la faute au programme de Sarkozy qui souhaite établir des peines planchers pour les récidivistes. 
Alors comme ça, vous vous dites et ben quoi, hé, faut les punir les méchants, hé ho. Certes, certes, mais ce projet c'est tout simplement l'abandon d'un principe élémentaire dans la justice française: l'individualisation des peines. C'est à dire qu'avant de prononcer une sentence, on se soucie du passé du coupable, de sa personnalité, d'éventuelles circonstances atténuantes et de possibilité de réinsertion. Avec les peines planchers, la justice devient automatique. Presque robotisée. 
Ben ouais, mais faut les punir les méchants hé ho. Oui, Steevy, oui, pas bouger.

 

kouchner.jpgBernard Kouchner (Affaires étrangères)

Voilà l'un des emblèmes de l'ouverture à gauche...Ah. Souvenons-nous de ce cher Kouchner qui proposait une alliance gauche-centre pendant la campagne. Tout ça pour finir à droite.
C'était son rêve, d'être Ministre des Affaires étrangères, à Bébert. Alors qu'importe de servir un Président qui est contre la Turquie en Europe alors qu'il est pour. Qu'importe de servir un Président, dont il a tant critiqué le flirt avec l'extrême-droite pendant la campagne.
Mais les deux hommes - Sarkozy et Kouchner - ont tout de même des choses en communs. Tous deux étaient en désaccord avec le veto imposé par Chirac, contre la guerre en Irak...

Avant d'appeler Kouchner, Sarkozy a proposé le poste à Hubert Védrine. Et comme celui-ci a refusé, Sarkozy s'est énervé. Il a hurlé dans son bureau "eh merde, y en a marre de ce putain de gouvernement, je vais te me passer ça au karcher!
- Bernard?
- Ah oui, tiens, bonne idée, appelez-le moi".



eric-besson.pngEric Besson (prospective économique)

Que dire d'Eric Besson? Vous voyez, il y a des gens en France qui disent que les politiques, c'est tous des pourris, qu'ils ont pas de conviction, qu'ils veulent juste le pouvoir. Et bien, si vous essayez de raisonner ces gens-là, ne leur parlez pas d'Eric Besson. Ca pourrait les conforter dans leur opinion.

Sinon, on peut aussi s'amuser à écouter ce cher Besson nous expliquer qu'il est encore de gauche. Manque de bol, non seulement il a trahi son camp mais en plus il l'a trahi pour le dirigeant le plus à droite que la cinquième république ait connu - "droite décomplexée" disent-ils. Notez qu'il s'adapte très bien, le Besson. Entre dans les deux tours, au meeting de Sarkozy, il citait du Berlusconi.

 

Hervé Morin (Défense)

Oh, un autre traître... Morin était porte-parole de Bayrou pendant la campagne. Quand le candidat de l'UDF expliquait que Sarkozy était un homme dangereux, Morin lui tenait le micro. Mais visiblement, il a trouvé un moyen de se mettre à l'abri du danger.


Martin Hirsch (Haut Commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté)

Martin Hirsch, autre caution de "gauche". C'est le successeur de l'Abbé Pierre à la tête d'Emmaus. Si l'Abbé Pierre voyait ça...C'est sans doute le formidable nombre de logements sociaux construits à Neuilly (combien? Un? Deux?) qui a incité Hirsch à s'engager auprès de Sarkozy.
Ce plutôt bel homme est en tout cas innovant. Quand la plupart des français déposent des fleurs sur la tombe de l'Abbé Pierre, lui, il pisse dessus.

 

KAROUTCHI.jpgRoger Karoutchi (Relations avec le Parlement)

J'ai gardé le plus rigolo pour la fin. Il y a quelques mois, il était invité à l'émission La Matinale sur Canal Plus. On lui demande alors si ce n'est pas trop difficile de défendre le bilan de Sarkozy sur la question de la sécurité.
C
e cher Karoutchi répond alors: "Mais défendre le bilan de Nicolas Sarkozy au Ministère de l'Intérieur, c'est déjà insultant, puisqu'il a été parfait".
Magnifique, Roger. Je sens qu'on va bien rigoler avec toi.

Ne trouvez-vous pas?

 

Post Scriptum 1: Enfin, notez que Sarkozy a nommé à l'Elysée, dans son équipe, deux journalistes. L'une couvrait sa campagne pour Le Point, l'autre couvrait la campagne de Ségolène Royal pour Le Figaro. C'est dire si elles ont du être objectives!

Post Scriptum 2: Figurez-vous que je m'absente une semaine...Je pars au festival de Cannes! Je vous raconterai ça à mon retour...

 
 
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