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Mardi 31 juillet 2007

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Promesse tenue


Il a fallu 20 ans pour que les créateurs des Simpsons emmènent leurs "créatures" au cinéma. Une attente si longue qu'elle en était prometteuse. D'autant plus qu'on ne pouvait pas, du coup, taxer les producteurs d'opportunistes.

Contre toute attente, Les Simpsons tiennent leur promesse. Il y a là une véritable histoire et pendant une heure vingt, tous les personnages traditionnels défilent et ont droit à leur scène. Les gags s'enchaînent à un rythme frénétique. Autant que je me souvienne, aucun ne tombe à plat. Homer est hilarant de connerie.


Et bien sûr, les piques ne manquent pas. L'american Way of Life est sévèrement croqué, en même temps que le puritanisme et la bulle médiatique qui assomment le pays.On apprécie forcément - d'autant plus que la critique véhiculée par cette petite famille jaune nous parle avec une pertinence que l'actualité récente conforte.

Nous sommes tous des Simpsons

Quand le Président des USA (dont je tairais l'identité pour ne pas dévoiler la surprise) affirme dans le film "On m'a élu pour agir, pas pour réfléchir" on pense illico au discours politique très ambiant chez nous. Ainsi, Christine Lagarde, qui nous sert de Ministre de l'Economie figurez-vous, affirmait le mois dernier qu'il fallait arrêter de penser et agir. Le problème de la France, c'est que c''est "un pays qui pense" nous racontait-elle connement. En écho, Sarkozy crie le même refrain depuis cinq ans et se revendique fièrement comme un non-intellectuel. La connerie est glorifiée.

C'est arrivé: les Simpsons ne caricaturent plus seulement les américains. Nous, les français, on y passe aussi. Bien fait pour nos gueules de cons.

Lundi 30 juillet 2007

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Donc, Michel Serrault est mort.

L'acteur qui, avec le temps, s'était spécialisé dans le rôle de gentils-papys-bougons (Une hirondelle a fait le printemps, Le papillon, Les enfants du marais...), était l'un des plus grands en France. Nettement.
Catho mais plutôt de gauche, il n'avait pas hésité à se moquer lui-même de l'Eglise, notamment avec son pote Jean-Pierre Mocky qui l'avait fait tourné dans Le miraculé, entre autres.

Si son plus grand succès reste La cage aux folles, il était très attiré par les rôles tragiques et difficiles. Par exemple, celui du Docteur Petiot. Mais aussi Gaston Dominici (dans le téléfilm de TF1), du nom de ce paysan accusé de meurtre et dont l'innocence n'a jamais été réellement prouvé. Serrault avait pris fait et cause pour cette thèse, pourtant, et montrait ainsi une bienveillance qu'on retrouve chez certains catholiques, dont la défense des présumés coupables - voire des coupables, ne dérange pas. J'ai des noms qui me viennent en tête, ceux de Christine Boutin ou de Christophe Hondelatte. On aime ou on n'aime pas mais il n'empêche qu'ils ont en commun la foi catholique et le souci des conditions de vie des prisonniers. 

Catho de gauche

C'est sans doute cette inclinaison qui avait fait tourner Michel Serrault dans Assassin(s) de Kassovitz. L'un de ses meilleurs rôles, à mon humble avis.
Le film raconte l'histoire d'un vieux tueur à gages (Serrault, donc), en guerre contre la société entière ("Tous des pourris", crie-t-il), qui se cherche un successeur alors que sa mémoire commence à flancher et ses mains à trembler. Il pensera le trouver en la personne de Max (Kassovitz lui-même), jeune paumé dont les états d'âmes posent problème dans la "profession".

Le film est très violent et son discours sur la brutalisée généralisée dans la société assez maladroit - voire limite réac. C'est notamment pour ces raisons qu'il fut extrêmement mal accueilli à Cannes, en 1997. Le Figaro, qui n'en était pas à une ânerie près, taxa même Assassin(s) de plus mauvais film de l'Histoire du Cinéma.

Assassin(s)

En vérité, malgré ses défauts, ce troisième long-métrage de Kassovitz (après Métisse et La Haine) est d'une grande beauté. Le réalisateur a su saisir la solitude et la dureté du monde urbain, saturé de sous-culture américaine et abruti par des médias qui s'apparentent à de grandes machines à essorer le crâne. Cette critique d'un monde canibalisé par l'image et la violence est portée par une mise en scène soignée, des travellings qui font ressentir une grande tension et une image tantôt chaude, tantôt métallique qui retranscrit avec une impressionnante justesse les heurts de la société occidentale.

Serrault y est magnifique. Il incarne avec brio l'ambivalence du personnage dont la sauvagerie effraie mais dont la vieillesse blessée fait émerger une émouvante humanité.
Une humanité qu'il a sans doute perçue chez tous les salauds qu'il a interprétés. Et pour la percevoir, il fallait être soi-même doué d'un grand humanisme.

Lundi 23 juillet 2007

Aujourd'hui, session dessins animés.

On commence avec Persepolis, l'adaptation fidèle de la BD de Marjane Satrapi, par elle-même. Et c'est sa jeunesse qui est racontée, en Iran, sous la dictature. Comment elle a pris conscience de la terreur qui régnait dans son pays, comment sa famille résistait à l'oppresseur, comment les disques des Bee Gees ou de Mickael Jackson se vendaient sous le manteau. Puis comment elle est venue en Occident, y a connu d'autres moeurs mais aussi la déchéance.

Un dessin animé très attachant dont la beauté est à la fois picturale et spirituelle. Avec humour et émotion, Marjane Satrapi parle de foi, d'amour, de famille, du temps qui passe. Mais aussi et surtout de la situation de son pays - un pays qu'elle aime mais qui meurt sous la tyrannie et la barbarie - qui n'est pas sans rappeler le nazisme. Certains appellent cela le "fascislamisme" et ils ont raison, je pense.
A ce sujet (voici ma digression de la journée), voir Hugo Chavez serrer la main de Ahmadinejad, sinistre président iranien, devrait calmer tous ceux qui voient le dirigeant vénézuélien comme le symbole de la révolution socialiste. Enfin, espérons.

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On passe à La traversée du temps, film japonais de Mamoru Hosada. L'histoire est celle d'une lycéenne qui parvient à remonter dans le temps pour modifier plusieurs fois une folle journée qui a tourné à la tragédie.
On n'est pas très loin d'Un jour sans fin ou de L'effet papillon, en plus léger et plus drôle - quoique le dénouement apporte un éclairage surprenant et bienvenu. 
En plein été, c'est un dessin animé auquel le qualificatif "rafraichissant" s'adapte tout à fait bien. Vous me direz, avec ce temps de merde, pas besoin de se rafraichir, hé patate, je vous répondrais hé ho, ça va, hein.

Mardi 17 juillet 2007

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Un p'tit tour par l'actualité politique. Deux choses que j'avais envie d'écrire.


Les nouveaux cocus

Ce n'est pas parce que j'ai des sérieuses divergences avec Bayrou que je n'ai pas pesté contre les diverses traîtrises dont il a été victime. Ah ça, il en a connu des Eric Besson.
A l'appel de Sarkozy, ceux qui applaudissaient quand le leader de l'UDF cognait dur le chef de l'UMP, ils ont été plus d'une vingtaine à dire oui au pouvoir, sous l'étiquette LNC (pour Le nouveau centre...Ou les nouveaux cocus?).
Il n'a pas fallu longtemps pour que leur principale revendication soit balayée sous le paillasson de Christine Lagarde, ministre de l'Economie.

Colossaux sont les cadeaux fiscaux qui ont été faits aux plus riches (bouclier fiscal, droits de succession...). Du coup, la question de la réduction de la dette (qui était donc l'obsession du Nouveau Centre) a été dégagée sans ménagement. Pas grave, il leur reste le plus précieux à leurs yeux: leurs voitures de fonction.

SOS Racistes

Parlons maintenant de Rachida Dati. Une fois de plus. 
Sa loi démagogique et inique sur la récidive provoque les foudres des magistrats. Ses méthodes autoritaristes conduisent à la démission de ses proches collaborateurs. Et il se trouve des crétins pour crier au racisme, dès qu'on s'en prend à cette ministre. A gauche comme à droite. Notamment Dominique Sopo, président de SOS Racisme qui vole pitoyablement au secours de Dati. 
Sopo s'était déjà fait remarquer en janvier dernier pour avoir défendu Pascal Sevran, après son discours clairement raciste sur la famine en Afrique. Peut-être que Sevran a eu l'énorme avantage d'être pote avec Delanoé et Lang. 
Résumons nous: Sopo défend racistes et fausses victimes - surtout quand ils ont une caméra braquée sur eux. Et sinon, à quel moment il fait son boulot?

 
 
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