CRITIQUE SANS SPOILER
Comme Michel Sardou, Dexter est Pour.
Pour la peine de mort. D'ailleurs, il l'applique lui-même. Aux méchants, aux criminels impunis ou pas assez punis, selon lui. A tel point qu'on peut le considérer comme un
serial-killer.
Ce qui est cocasse car, le reste du temps, il gagne sa vie en tant que médecin légiste, à Miami, ville autrement connue pour une autre série, bien différente. Mais pour le coup,
ce ne sont pas deux flics mais deux tueurs à Miami.
En effet, notre cher Dexter va bientôt découvrir qu'il n'est pas le seul assassin en série à rôder dans les parages. Un autre homme se livre aux mêmes agissements. En laissant, à chaque
fois, des indices qui laissent penser à Dexter que le tueur le connaît personnellement.
Décidemment, Michael C. Hall est abonné aux excellentes séries. Après avoir joué les croque-morts homos dans Six
Feet Under, le voilà dans la peau d'un monstre "justicier dans la ville". Avec toujours autant de talent.
Dexter est sans doute l'une des meilleures fictions télévisées du moment, thriller captivant bourré de mystères (même si l'identité du tueur peut se deviner bien en avance) mais qui
sait aussi distiller ses doses d'humour noir.
En creux, le feuilleton file aussi la métaphore du masque. Sous ses dehors sympathiques, Dexter est un monstre froid. Sous sa châleur festive, Miami pullule de violence.Et sous l'empathie envers
les victimes se cache aussi la haine la plus inhumaine.
Pas clair? N'avez-vous pas remarqué que les plus démonstratifs des soutiens aux victimes, ceux qui veulent montrer le plus d'empathie sont souvent les premiers à réclamer la vengeance la plus terrible, autrement dit la loi du talion ou la peine de mort et pour faire court, je dirais simplement, la mort.
En ce sens, Dexter peut être un portrait percutant d'une certaine Amérique. Voire d'une certaine France, hein?
Décidemment, Eric Besson est un garçon à suivre. Non content d'illustrer prochainement, avec sa photo, la définition du mot traître dans le prochain Larousse, il trouve aussi le
moyen de jouer les bad boys, j'ai envie de dire, les racailles. Jugez plutôt.
Lu dans le Canard Enchaîné du 22 août 2007:
"Eric Beson s'est un peu emporté, le 27 juillet dernier, à Donzère, commune de la Drôme, dont il est maire. Ce jour-là, le sous-ministre réunissait ses élus locaux pour un
dernier petit conseil municipal avant de partir en vacances. Et tous ont pu constater qu'il en avait bien besoin.
Peu avant 18 heures, Luis Lopez, un membre de la majorité (de gauche), fait son entrée dans la salle du conseil. Cet élu PRG en froid avec Besson depuis son ralliement à Sarko
1er, commence à faire le tour de table en serrant la louche à chacun de ses collègues. Mais, en arrivant à la hauteur du maire, l'impertinent se contente de lui lancer un "bonjour" sans lui
tendre la pogne. Et il poursuit tranquillement son tour de table.
Aussi sec, Besson voit rouge. Le sous-ministre se lève comme une furie, saisit violemment son conseiller par les épaules et va le plaquer contre un mur. "Tu ne me
connais pas!" lui hurle Besson, en le maintenant fermement. "Je vais te mettre un coup de boule! T'en as jamais reçu un, de coup de boule, tu vas voir ce que ça fait!"
Ambiance dans la salle, quelques élus se lèvent à leur tour pour calmer le jeu et Besson finit par se ressaisir. Le conseil municipal peut commencer dans la joie et la bonne
humeur.
Enfin presque. Quelques minutes plus tard, alors que Luis Lopez, délégué à l'environnement a la parole, Besson lui coupe net le sifflet et balance: "Tu es délégué jusqu'à ce
soir. Demain matin, je te retire ta délégation. Moi, je ne peux pas maintenir sa délégation à quelqu'un qui ne me serre pas la main!"
Epilogue heureux: de retour de vacances lundi 20 août, Besson a téléphoné à son élu pour lui annoncer que finalement, il avait décidé de ne plus lui retirer sa
délégation.
Bah, il faut pardonner au sous-ministre son coup de chaud. Un vieil ami, devant tout le monde, refuse de vous serrer la main...On se sent tout de suite...trahi!".
Je rentre de vacances et dans la voiture, j'ai entendu à la radio une chanson qui m'a beaucoup plu. C'est nouveau, ça vient de sortir, le clip est pas terrible mais bon.
Ca vous plait?
Voici un article que je devais écrire depuis un an mais mieux vaut tard que jamais.
Six feet under. Cinq saisons, à raison de treize épisodes par saison. Un chef d'oeuvre.
Six pieds sous terre...
L'histoire est celle de deux frangins qui, après la mort accidentelle de leur père, doivent diriger son commerce - et quel commerce! Une entreprise de pompes funèbres...
Au fil des épisodes, c'est un portrait de l'Amérique au vitriol qui se dessine devant nous. Chaque épisode débute par une mort - souvent surprenante - et c'est l'histoire de ce mort qui sert de fil rouge. Un homosexuel tabassé par des fachos, une vieille au cerveau bousillée par la chirurgie esthétique, un petit garçon qui joue avec l'arme de papa...Quelques fois, ils reviennent ensuite, en fantômes, hanter les personnages qui ont déjà fort à faire avec leurs névroses.
D'abord Dave, homosexuel qui le cache à sa famille. Ensuite, son frère Nathan, jeune homme fougueux bientôt rattrapé par des ennuis de santé. Puis, leur soeur Claire lycéenne portée sur le crystal (la drogue). Et bien sûr Ruth, la mère déjantée qui trompait son mari sous ses airs de maîtresse de maison stricte. Tous (ainsi que les seconds rôles) sont campés par un casting aussi talentueux qu'attachant. Le genre de séries où vous voyez les personnages comme des potes et où vous regrettez qu'ils ne soient que fictifs.
Six baffes dans la gueule
Pour donner une idée de l'ambiance de Six Feet Under, il faut se tourner vers l'excellent American Beauty. Et ça tombe bien, puisqu'Alan Ball, le créateur de la série, est aussi le scénariste de ce film avec Kevin Spacey.
On navigue entre l'humour noir, la satire sociale (on se coltine les sujets les plus chauds comme l'inceste ou la schizophrénie) mais aussi le drame. Qui prend de plus en plus
d'importance au fil du temps.
Car si la première saison est peut-être la moins passionnante (ce qui explique que pas mal de spectateurs peuvent laisser tomber à ce moment là mais ils ont tort!), les autres montent en
crescendo.
Jusqu'à l'ultime saison qui boucle la boucle avec puissance et devant laquelle il est difficile de ne pas y aller de sa larmichette. Car finalement, le vrai sujet, c'est sans doute la condition
humaine, son absurdité et son dénouement inéluctable.
Six Feet Under nous fait regarder la mort avec une beauté et j'allais dire une sagesse que je n'ai jamais vues ailleurs. Plus qu'un chef d'oeuvre, c'est une série indispensable qui peut
vous aider à vivre. Rien de moins.
Si avec ça, je ne vous ai pas donné envie de la voir, je ne sais plus quoi faire, bordel à cul.
