
S'il y a bien un terrain sur lequel Sarkozy est tout à fait capable d'illustrer sa "rupture", c'est en matière de politique étrangère. Avec lui, on a de grandes chances de dire bye bye à la France grande gueule.
Atlantisme béat
Sarkozy aime les Etats-Unis. Quand on le surnomme "Sarko l'américain", il avoue apprécier. On se souvient de son voyage aux Etats-Unis où il est allé serrer la main de Bush en critiquant "l'arrogance française" et sa "grandiloquence stérile", perché sur un escabeau pour avoir l'air aussi grand que lui, sur la photo.
Lors du déclenchement des hostilités américaines en Irak, Sarkozy disait, en privé, que le Veto de la France était une "connerie" (sources: Le Canard Enchaîné).
Bien sûr, à l'approche des élections, le chef de l'UMP tente de réviser cette opinion...Mais une révision d'opinion à l'approche d'élections...C'est souvent suspect.
Cet atlantisme lui a au moins rapporté le soutien des philosophes André Glucksmann et Pascal Bruckner, tous deux partisans du conflit en Irak.
Sionisme revendiqué
Dans le conflit israélo-palestinien, Sarkozy cache peu son soutien à Israël, et plus généralement son soutien au projet sioniste de Grand Israël, avec une Palestine réduite à peau de chagrin.
Il a également soutenu la très injuste guerre au Liban de l'été 2006, menée par Israël.
Au moins, ces positions lui ont apporté le soutien de quelques people qui s'affirment très soucieux de la cause sioniste: Roger Hanin, Enrico Macias, Arno Klarsfeld...
L'influence de Pierre Lellouche
Dans sa vision internationale, Sarkozy est guidé par le député UMP Pierre Lellouche (pressenti comme son possible Ministre des Affaires étrangères ou bien de la Défense). Celui-ci s'est fait remarquer en soutenant, aussi, l'Administration Bush.
Mais on le connaît également pour d'autres faits d'armes qui n'ont rien à voir avec la politique mondiale. En effet, lors de l'adoption du PACS en 1999, voté par la gauche, Monsieur Lellouche s'y était vivement opposé en déclarant: "On a qu'à stériliser les homosexuels".
Très fin, non?
Le nombrilisme diplomatique
On a beaucoup raillé la visite en Chine de Ségolène Royal car c'est là qu'elle a parlé de "bravitude". C'est là aussi qu'elle a préféré parler de "droits humains" plutôt que de "droits de l'homme".
Sarkozy, lui, lorsqu'il s'est rendu en Chine en 2006, n'a parlé ni de bravitude, ni de droits de l'homme, non.
Sortant du bureau de Hu Jintao, voici le compte rendu que Sarkozy a fait aux journalistes présents, sourire aux lèvres:
"Je lui ai demandé ce que faisait d'être numéro un après avoir été si longtemps numéro deux".
Pour ceux qui n'auraient pas compris, il s'agit bien sûr d'une référence, bien lourde et bien grasse, au parcours de Sarkozy lui-même.
La torture, la peine de mort, la dictature...Ne comptez pas sur Sarkozy pour aborder ces thèmes - il préfère parler de lui-même.
Quand la diplomatie devient obscène...
Bourdes
Parmi les différentes bourdes diplomatiques de Sarkozy, on relèvera celle-ci.
La semaine dernière, lors d'un meeting, le candidat de l'UMP a déclaré que la France n'avait pas à avoir honte de son passé car "elle n'a pas commis de génocide, elle n'a pas inventé la solution finale".
Une manière de passer totalement sous silence le régime de Vichy, d'une part, mais surtout de renvoyer l'Allemagne à son Histoire, bêtement, grossièrement. Et d'amalgamer, une fois de plus, un peuple entier, les allemands, avec ses pires éléments, les nazis.
La prochaine fois, nous parlerons de la relation qui lie Sarkozy aux médias.
