
Le moins que l'on puisse dire, c'est que Sarkozy n'a jamais fait de la laïcité une priorité. Par tous les moyens, il a tenté et tentera de la contourner. Electoralisme oblige.
Coups de poignard contre la laïcité
Sarkozy est catholique. C'est bien son droit. Mais c'est quelque chose qu'il exhibe fièrement, non seulement pour plaire à une certaine clientèle électorale, mais aussi souvent au mépris de la laïcité qui sépare la religion des affaires de l'Etat et invite donc à ne pas mélanger politique et foi.
Sarkozy s'en tape. Filmé par les caméras, il fait son signe de croix à la messe. Et comme référence, il cite Jean-Paul II juste après De Gaulle. Et si ça ne suffit pas, il sort un livre: "La République, la religion et l'espérance".
Il y attaque bille en tête la laïcité. Voilà ce qu'il écrit à ce sujet: "Les religions sont un plus pour la République. Ce sont les sectaires qui ont fait de la laïcité une laïcité de combat".
C'est ce qui explique sa volonté de réviser la loi de 1905 (volonté réaffirmée malgré le récent démenti brumeux de l'AFP).
Le communautarisme
On le sait, le modèle de Sarkozy est anglo-saxon. Maintes fois, il a rendu hommage à l'action de Tony Blair. Aussi, le communautarisme en vigueur outre-manche fait partie des critères de réussite, selon lui.
C'est ce qui explique sa manière de diviser la population française en différentes catégories, auxquelles il s'adresse successivement, mais jamais en même temps.
Et pour s'adresser à chacune de ces catégories, Sarkozy les réduit à certaines organisations...pas du tout représentatives.
Ainsi, pour parler aux Juifs, il parle...au CRIF. Présidé par Roger Cukierman, ce Conseil penche clairement à droite et fait systématiquement l'amalgame entre Juifs et Israéliens. De la même manière, le CRIF prend toujours parti pour la politique israélienne (comme Sarkozy). Oubliés les juifs diasporiques, les Juifs qui se foutent d'Israël, les Juifs qui sont en désaccord avec la politique de Ehud Olmert ou de ses prédécesseurs.
Pour parler aux musulmans, il parle...au CFCM. Ce Conseil, qu'il a créé lui-même, est majoritairement constitué par les extrémistes de l'UOIF. Pas très représentatif non plus. Et même carrément contre-productif pour tous les musulmans laïcs et progressistes. Mais Sarkozy s'en fout, et cela sert d'autant plus son discours sur les "moutons égorgés dans les baignoires"...qui vaut bien le "bruit et l'odeur" de Chirac.
Le fameux préfet Musulman
En 2003, Sarkozy inaugure son concept de discrimination positive en nommant Aïssa Dermouche, Préfet. Comment le désigne-t-il systématiquement? Comme un préfet Musulman.
D'une part, voilà une entorse totale à la laïcité puisqu'il désigne un représentant de l'Etat par sa religion.
D'autre part, pourquoi n'a-t-il pas dit clairement un "Préfet d'origine Maghrébine"?
Parce que pour Sarkozy, musulman = origine maghrébine et vice versa.
Un amalgame que peuvent tranquillement exploiter ensuite Le Pen et De Villiers. Ils ne disent plus "arabe" mais "musulman" et peuvent ainsi multiplier clichés et stéréotypes racistes...sans se faire accuser de racisme.
Du côté des sectes
Tant qu'à favoriser les religions...pourquoi ne pas aller plus loin en favorisant les sectes?
L'ère Sarkozy, au Ministère de l'Intérieur, s'est notamment illustré par un considérable relâchement de la lutte contre les sectes.
Ainsi, la Commission mise en place sous Jospin pour lutter contre les sectes voit ses pouvoirs ratiboisés de manière drastique.
Ensuite, Sarkozy reçoit Tom Cruise en grandes pompes, représentant de la Scientologie. L'acteur américain confirmera que Sarkozy et lui ont bien parlé de la secte...contredisant du même coup le démenti de Sarkozy (un mensonge de plus).
Et puis, il y a l'histoire d'Arnaud Palisson. En 2003, ce policier rédige une thèse sur la Scientologie, publiée sur le Web. Résultat: un jour, le policier reçoit la visite de son supérieur qui lui annonce: "Soit tu retires ta thèse, soit tu es déclassé".
Arnaud Palisson sera déclassé.
Claude Guéant, chef de cabinet de Sarkozy, avouera devant les caméras de Canal Plus que la secte de Scientologie s'était plainte auprès de lui d'un "excès de critique". Et Arnaud Palisson en fit donc les frais.
(sources: Canal Plus et Charlie Hebdo du 18/04/07 , à lire absolument).
La prochaine fois, nous terminerons, en "beauté", cette "série" sur Sarkozy...par une petite histoire explosive qui fait froid dans le dos.
