L'an dernier, Bill Murray renaissait sur les écrans grâce au Lost in Translation de Sofia Coppola. Bon, le film a été très très surestimé - ce n'était rien d'autre qu'une petit bluette pour bobos - mais il a eu le mérite de nous ramener notre cher Droopy aérien.
Dans son dernier film, Broken Flowers donc, le réalisateur Jim Jarmusch a su tirer le meilleur parti de son acteur. Celui-ci campe Don Jonhston, américain moyen du dimanche, patachon dans son jogging, qui traîne sa lassitude dans son quartier résidentiel. Un beau jour, une lettre anonyme lui apprend qu'il est le père d'un garçon de dix-huit ans. Don décide alors de partir à la recherche de ses ex petites amis qui pourraient éventuellement lui avoir envoyé cette lettre-coup de tonnerre.
Broken Flowers n'est pas un film qui cherche l'émotion ravageuse ou qui assène un discours engagé. Au contraire, il progresse dans la pudeur et les non-dits. Il se contente de suivre cette quête qui se révèle en fait passionnante. Au côté de l'impeccable Bill Murray, dont le personnage cache une opaque culpabilité, on sillonne les routes de l'Amérique profonde, celle qui a voté Bush en 2004, et l'on croise plusieurs de ses visages: la coincée, la barge, l'hypocrite, la miteuse...jusqu'au final, en forme de question mélancolique. Beau film.

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