On s'en fout de ta vie, hé connard, me direz-vous et vous aurez bien raison. N'empêche que voilà, Fred Chichin est mort.
Dernière minute: On me dit...je lis ici ou là...notamment dans Marianne...que Fred Chichin virait sévèrement à droite en fait (comme Catherine Ringer), qu'il se "félicitait de la victoire de Sarkozy contre les socialo-communistes" (diantre!) et qu'il voyait en Sarkozy un rempart "contre l'islamisme"...
Ben merde alors...Bon ben, repose en paix quand même...

Je rentre de vacances et dans la voiture, j'ai entendu à la radio une chanson qui m'a beaucoup plu. C'est nouveau, ça vient de sortir, le clip est pas terrible mais bon.
Ca vous plait?
Sixième album de Mano Solo, "In the garden" est sorti trop discrètement il y a quelques semaines. Peut-être parce qu'il a changé de label ou bien parce que la présidentielle a tout balayé ou parce que ses chansons ne peuvent pas trouver beaucoup d'émissions, aujourd'hui, pour être diffusées.
Je pourrais en écrire des pages, sur Mano Solo, raconter comment j'ai découvert ses chansons quand j'étais lycéen, comment ses textes justes et sombres m'ont accompagné - comme beaucoup.
Souvent, quand on dit Mano Solo, on pense à tristesse. Mais depuis son quatrième album, intitulé Dehors, le chanteur, inspiré par la musique tziganne et les accordéons de Titi Parisien, a engagé une mue d'état d'esprit. Moins de chansons sur la cruauté du destin, la noirceur de la vie, l'obsession de la mort (des thèmes qui rappelaient que l'auteur-interprète est atteint du SIDA). Et plus d'espoir, de joie - ambiances qui se retrouvent avec une ouverture aux musiques du monde.
Avec In the garden (titre bizarre puisque le texte est en français) Mano Solo revient à ses premières amours - musicales, thématiques, atmosphérique - épurées de ses sentiments les plus noirs. Dès la première chanson, puissante (et qui est nommée comme l'album), l'artiste pose les bases: "Le ciel ne s'est pas effondré sur ma tête mais à mes pieds, sur la machine à souffrir".
Fini donc la complainte sur la noirceur de la vie - ce qui n'exclut pas de belles chansons d'amour désespérées (Palace, Entre nous) et d'autres plus lumineuses et toutes aussi émouvantes '(Le repas, Ne sens-tu rien venir, Aimer d'amour).
On retient aussi Les petits carrés blancs (chaque album de Mano Solo contient au moins une chanson sur Paris - c'est celle-ci) et Les endurants. Le reste est un peu en dessous mais l'ensemble est aussi bon que le précédent, c'est à dire très bon.
