Parmi les "people" chez-qui-ça-fait-tout-drôle-dans-le-ventre-quand-on-parle-de-Sarkozy, il y a bien sûr Didier Barbelivien. On a tendance à l'oublier un peu, à côté de Doc Gyneco,
Johnny, Pascal Sevran ou Steevy mais pourtant, je me demande si ce n'est pas le pire.
Tu te souviens, cher lecteur, d'un récent article où je prenais la défense de Claude Barzotti accusé à tort de racisme pour une chanson mal comprise (ici). Et bien, aujourd'hui, nous allons parler d'un texte à peu près dans le même courant de
pensée, mais cette fois bien compris. Hélas.
Quand on se penche sur la discographie de Didier Barbelivien, on découvre plein de chansons qui sentent bon le retour à la Terre, les vraies valeurs, le travail, le rejet du
progrès et de la ville...
Jugez plutôt de cette sympathique mise en bouche (c'est rien, là, hein):
"Avec vos sabots dans les champs (...), avec vos saisons difficiles, avec vos lacs et vos forêts, vos prières écrites en secrets, vous n'êtes pas des gens de la ville (...)Vous êtes un peuple de
géants"...
Le peuple de géants, en l'occurence, ce sont les vendéens et le garçon n'y va pas de main morte pour rendre hommage à son peuple, si on en croit le nombre de chansons sur la
question ou sur la région: "Les mariés de Vendée", "Puy du fou", "Vendéen mon fils", "Te rejoindre en Vendée", "La chienne vendéenne" (canaille), "Loire atlantique" voire "Les étangs de Mayenne"
ou "Varsovie" (ah non mince)...
Mais la chanson dont je voudrais vous parler plus particulièrement s'appelle "Vive le Roi". Ecrite en 1989, elle s'adresse à Mitterrand et au gouvernement
socialiste(socialo-communiste, j'ai envie de dire):
"Vous parlez de la France comme une géographie ,
Une île entre Moscou et les Etats-Unis,
Vous parlez de la France comme si c'était à vous
La Bretagne, la Provence, les forêts, les cailloux
Pour parler de la France, vous avez dans la voix
Une chanson d'innocence qui dit votez pour moi
En mauvais comédien, vous récitez un rôle
Que je vous dirais bien par-dessus votre épaule
Vive le Roi
Vive le Roi
Vive le Roi
VIve le Roi
(Bon, c'est le refrain, quoi. Déja notez, la référence au royalisme, on n'est pas vendéen pour rien, non mais sans blague. Quant à la référence à Moscou ou aux Etats-Unis, notez
qu'on est en 89 et que la guerre froide est quasi-terminée...Sauf pour Didier Barbelivien).
Continuons...
Vous parlez de la France, mais la France, elle s'en fout
De vos plans de relance qui la laissent à genoux
Vous parlez de la France, la main droite sur le coeur,
Vous êtes sa dernière chance, vous jurez sur l'honneur
Qu'il n'y aura plus en France ni chômeur, ni voyou
La solution d'urgence, elle arrive avec vous
Qui enfermez nos vies derrière des murs de lois
Qui me donnez envie de crier quelque fois
Vive le Roi
Vive le Roi
etc.
(La, ça commence à chier de bulles, tremble Michel Rocard, toi et tes plans de relance- Notez qu'il a failli écrire "Et je vous parle pas du budget ni de l'aménagement du
territoire et de l'impôt sur les sociétés" mais ça faisait trop long. On remarque aussi la référence aux voyous, et c'est un indice qu'il ne connaissait pas encore Sarkozy, sinon il aurait écrit
racaille.
Poursuivons, Amen.)
Pour parler de la France, il faut vous écouter
Mélanger l'ignorance et la fausse vérité,
Pour parler de la France, il vous faut des discours,
Qu'on vous a écrit d'avance avec des mots bien lourds,
Racontez-nous la France, façon Victor Hugo,
Avec toute l'insolence d'un De Gaulle, d'un Malraux,
Soyez la République, pauvre bonhomme de paille,
Avant que la musique ne reprenne à Versailles,
Vive le Roi
Vive le Roi
Bon, ça on a compris.
(Alors là, c'est plus fin qu'il n'y paraît, si si. Regardez un peu la puissance de cette oxymore "La fausse vérité", ça ne vous rappelle rien? Mmm?Bien sûr, c'est un violent
pastiche d'une autre oxymore, "La Force Tranquille", le slogan de Mitterrand. Plus loin dans le couplet, on notera l'insulte suprême "Pauvre bonhomme de paille" qui est un peu l'équivalent de
droite à "Bouffon en carton, va").
On murmure que Mitterrand a failli démissionner après cette implacable attaque. Accentuée par une musique au synthétiseur qui rappelle les grandes tragédies de l'Histoire comme la
Saint Barthélémy ou Hiroshima.
Notez enfin que la chanson a été diffusée, avec d'autres du même auteur, lors des habituelles festivités du Puy du fou, organisées par l'ami Philippe de Villiers, un proche de Barbelivien, vous
l'aurez compris.
Quand on regarde tous les textes de ce chanteur, il flotte une petite odeur malsaine de vieille France, de campagne réculée, arriérée où on prie Dieu dans la vieille mansarde.
Sarkozy, nous voilàààà...
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