Rubriques

Newsletter

Inscription à la newsletter
 
Jeudi 12 juillet 2007

fountain.jpg

 

Le dernier film de Darren Aronofsky sort ces jours-ci en DVD - d'où l'intérêt d'alimenter cette rubrique qui mourrait tranquillement en silence, dans son coin, sans un bruit, sans un mot, sans un...

Bref.

Aronofsky, c'est le réalisateur de Pi et surtout de Requiem for a dream. Si, comme moi, ce dernier film vous a collé un inoubliable uppercut, alors vous attendiez certainement The fountain avec impatience.
Pour moi, la déception est nette.  

Fountain, je ne boirais pas de ta water disait le poète, en discutant brushing et mise en pli avec Mia Frye.
Celle d'Aronofsky - la fountain, pas la mise en pli - je ne la goûte que modérément. 

J'aime bien faire des interludes, je vais la faire tout de suite. 
En parlant franglais...l'autre jour, j'ai vu le porte-parole du gouvernement Laurent Wauquiez essayer de faire "jeune" chez Ruquier en parlant franglais. "Ecouter Amel Bent, ça me redonne le booster" disait-il. 
Quand on est com', on est con, chantait Brassens, il avait bien raison.

Donc The Fountain se déroule à trois époques différentes mais tourne toujours autour du même thème: la vie éternelle et par ricochet la triste condition humaine mortelle. 
Trois hommes - qui ne font qu'un (interprétés par Hugh Jackman) - cherchent à défier la mort et atteindre, donc, l'éternité sur Terre - ce qui passe par une communion avec la nature.

Beau sujet, belle musique et jolies images. N'empêche qu'Aronofsky a fumé un pétard et pas moi. Je suis donc resté en dehors de ce spectacle plastique très léché, tellement léché qu'il se contemple plus qu'il ne se ressent. Et finit par friser l'ennui.

host.jpg

 



On passe à The Host, disponible à la location mais en septembre à la vente. 
Les coréens sont décidément très bons dans le fantastique (avez-vous vu le film terrifiant Deux soeurs? Non? Allez-y de ma part, vous demandez "trouille bleue" et ils vous indiqueront le chemin).

Ici, on  n'est pas loin d'une resucée de Godzilla - en bien. La négligence de deux chercheurs scientifiques qui prennent le fleuve pour une poubelle donne naissance à un gigantesque monstre qui aime beaucoup dévorer les humains.
Tu l'as vu? Qui? Mon Nicolas Hulot. Oui, on l'a bien compris le discours écolo sur les dangers de la pollution. C'est toujours bon à prendre mais pas autant que le brio de la mise en scène. L'irruption du monstre dans le quotidien se traduit par une irruption à l'écran, spectaculaire et très réussie - niveau ambiance mais aussi question effets spéciaux.
Au milieu du film, le rythme ramollit un peu mais The Host reste un divertissement très efficace. En DVD, autour d'une pizza, ça doit rebooster la soirée comme dirait Laurent Wauquiez. Ce con.

Jeudi 11 mai 2006

On en parlait, tout ou presque de ce qui sort sur les écrans américains est marqué par les déflagrations du 11 septembre que ce soit dans le discours, les motifs, les thèmes ou l'intrigue. Dans le cas de Flight Plan, le préciser revient à dire que la pluie ça mouille et que la chaleur, c'est chaud.

C'est l'histoire de Kyle, fraichement, froidement endeuillée par la mort de son mari, qui s'en va avec sa fille, fêter Noël en famille chez ses parents. Dans l'avion qui l'y amène, elle pique un petit roupillon. A son réveil, sa fillette a disparu.

Le décor (un avion donc), l'ambiance (parano), les quelques motifs d'arrière-plan (l'arabe accusé de terrorisme)...Tout cela fleure bon l'exploitation des peurs américaines actuelles. Autrement dit, si vous prenez l'avion, il va vous arriver des bricoles.

Le problème n'est pas vraiment ici. L'intrigue développée par Flight Plan a de quoi tenir en haleine. Comme devant un épisode de Lost (encore une histoire d'avion) ou toute autre fiction à énigme, on peut s'arracher les cheveux et élaborer mille théories durant une heure et demie pour savoir où a bien pu disparaître cette gamine.

Hélas, le scénariste a visiblement ramé devant son ordi pour trouver une explication qui tienne la route. Tellement ramé qu'il n'y est pas arrivé. L'absence totale de crédibilité du dénouement n'a d'égal que son ridicule. Si on y ajoute le jeu pénible de Jodie Foster, ça vous donne un aperçu de la mauvaise idée qu'a eu Al-Quaeda en défonçant les tours du World Trade Center. En conclusion, Flight Plan ne vole pas haut (voler-avion, avion-voler? Mmm?).

Sortie DVD: 9 mai 2006

Jeudi 27 avril 2006

Voici l'un des plus mauvais films de l'année 2005. Et tout un symbole.

C'est l'histoire d'un couple (Auteuil et Azéma) qui achète une maison dans le Vercors pour couler une douce retraite. Bientôt, ils rencontrent le maire du bled local (Sergi Lopez) et sa femme (Amira Casar) qui vont les initier aux joies de l'échangisme.

La question posée par le titre n'est qu'un pretexte car de peindre, il en est peu question. Une escroquerie de plus pour ce film qui n'en manque pas. L'idée de départ, faire ressentir la sensualité, recherche de sensation d'autant plus légitimée par la cessité du maire, tombe à plat, la faute à une mise en scène impersonnelle, vague résidu d'un hommage à La Nouvelle vague, Bresson, etc. Dialogues ampoulés, acteurs mauvais comme jamais - la pire étant Sabine Azéma, affublé d'un air niais durant quasiment tout le film.

Mais Peindre...est surtout le symbole d'une mouvance sinon d'une idéologie de petits bourgeois. Le symbole d'une génération d'anciens soixante-huitards qui a abandonné tous ses combats, à l'exception du faussement provocateur (car si galvaudé) libertarisme sexuel et, bien souvent, d'un écologisme consensuel (dont on peut presque voir les velléités à travers cet ode à la verdeur du Vercors). Tout le reste a été délaissé, oublié.

Un libertarisme sexuel, privilège dont on exclue toute une frange de la population, pas assez photogénique certainement. Imaginez donc un ouvrier partouzer avec Sabine Azéma, ça, ce serait trop choquant pour ceux qui veulent ici choquer. Et ne pensez pas que les frères Larrieux veulent ainsi dénoncer un train de vie bourgeois ou quelque chose dans le genre, non, ils contemplent, heureux.

Cette exclusion conduit d'ailleurs à une frustration. On parle de misère sociale, et on ne parle pas assez de misère sexuelle, surtout lorsque ce sont les mêmes qui sont touchés. La frustration qui en découle se développe dans une révolte de plus en plus brutale, qui à terme, amalgame sexe et violence que ce soit chez Gaspard Noé, Virginie Despentes ou Houellebecq.

Deux mondes qui se méprisent ou se détestent, irréconciliables comme la France des privilégiés et des abandonnés, comme la France du oui et du non. On dit que tout est politique. A moins que tout ne soit sexuel.

Sortie DVD: 25 avril 2006

Jeudi 20 avril 2006

Le voici, le voila, le drame qui aurait volé l'oscar du meilleur film à Brokeback Mountain. Un film puzzle à la 21 grammes, portrait de l'Amérique d'aujourd'hui écrit et réalisé par le scénariste de Million dollar baby, Paul Haggis.

A Los Angeles, vivent un procureur général qui racole dans l'antiracisme pour se mettre dans la poche la communauté noire (Brendan Fraser), un flic fatigué aux prises avec un meurtre fumeux (Don Cheadle), deux petites frappes qui s'essaient au vol de voiture, un metteur en scène humilié devant sa jolie femme par un flic raciste (Matt, Dillon, impeccablement vibrant), lui-même tourmenté par le cancer potentiel de son père...

Les destins se croisent, s'entrecroisent, se heurtent comme des automobiles en plein brouillard. L'image du film respire l'oppression urbaine, les lampadaires nocturnes, la carrosserie solitaire...et finalement la claustrophobie.

Récit symbole d'une Amérique post-11 septembre plus que jamais repliée sur elle-même où ne sortant de ses frontières que pour donner des coups (Irak)...car la peur de l'autre, la paranoïa achèvent de pourrir tout rapport humain dans Collision, comme dans le quotidien américain, à ce qu'on en dit.

Le thème dominant ici est le racisme. Noirs contre Blancs, Blancs contre Noirs, contre Arabes, contre Asiatiques, contre tout le monde. Un contre tous et tous contre un. Toute la réthorique de Paul Haggis consiste à plomber les apparences, les bonnes comme les mauvaises, quitte à ne pas suivre la sage voie du politiquement correct. Et à attaquer le concept d'Affirmative Action, que certains voudraient faire venir en France sous le nom de discrimination positive.

Ainsi, le vilain raciste cache en fait une blessure et un coeur en or. Alors que l'antiraciste est hypocrite. On s'attend à ce que ce soit blanc et en fait ce sera noir la scène d'après. Cinq minutes plus tard, on pense que ce sera noir et bien non, ce sera blanc. Etc. On comprend vite la manoeuvre et finalement, ça ne marche plus, passées quelques minutes. Chaque fois, on devinera où veut en venir Paul Haggis et ses gros sabots auteurisants. Quand on ne flirte pas carrément avec le ridicule.

Pour autant, Collision n'est pas mauvais. Si la méthode est lourdingue, le discours est parfois salutaire. Ainsi quand la femme du procureur (interprétée par Sandra Bullock), qui tremble à l'idée de mettre un pied dehors de peur de se faire attaquer par de vilains noirs, finit par se casser la gueule sur son propre escalier, là où elle s'y attendait le moins, on discerne une métaphore assez limpide de l'Amérique effrayée de l'extérieur alors que la dernière grande menace est venue de l'intérieur (les pilotes terrorristes qui s'entrainaient sur le sol ricain).

Tout ça pour dire que l'oscar du meilleur film devait aller à Munich selon moi.

Sortie DVD: 20 avril 2006.

 
 
Blog : Consommation sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus