Semaine politique XIX: Suspense
Alors voilà, ça y est, on est en 2007.
Depuis le temps qu'on en parle, de cette échéance, à force, le nombre 2007 est devenu synonyme d'élection présidentielle - et c'est tout.
Qui va gagner? Suspense. Et c'est précisément, le suspense qui est au centre de cette semaine politique.
Au centre: Le saviez-vous? A chaque élection présidentielle, ou presque, il se trouve toujours un candidat qui obéisse à la même technique de communication. Il publie un livre-programme sous un nom énigmatique (exemple: Monsieur X) et tout le monde se demande alors quel candidat se cache derrière ce pseudo. Le buzz est alors lancé et, peu avant l'élection, le fameux candidat se dévoile. Sa campagne a déja été assuré, le tour est joué.
Pas cette année.
En effet, il y a quelques mois, un livre est sorti dans les librairies, intitulé "On efface tout, on recommence" et écrit par une certaine Catherine Medicis.
Sauf qu'en fait, personne n'en a eu quoique ce soit à cirer de savoir qui était Catherine Medicis et le bouquin a fait un flop.
Et cette semaine, Corinne Lepage, écolo centriste, s'est pointée et nous a dit:
- AH AH! En fait, c'était moi la candidate mystère!
- Qui ça?
- Ben Catherine Medicis, c'était moi.
- Ah bon?
- Ben oui.
- Et alors?
- Ben voilà. Voilà, voilà. Sinon, fait pas chaud ces temps-ci. Mettrais bien une ch'tite laine".
A gauche: Autre suspense levé cette semaine: autour de Ségolène Royal. Après son fracassant voyage au Proche-Orient, on se demandait si oui ou non, en Chine où elle faisait une petite tournée, elle allait refaire une gaffounette, une gentille bourde, une petite connerie de service.
Et bien oui, c'est fait.
Alors qu'elle se promenait face à la grande muraille de Chine, elle s'est faite lyrique en parlant de la "bravitude" que lui inspiraient les lieux.
Bravitude, oui, pas bravoure, bravitude, elle a bien dit ça.
D'ici Mai, elle devrait également se rendre aux USA où elle évoquera la granderie du rêve américain puis elle ira en Afrique où elle déplorera les néfasteries de la pauvritude, avant d'exécuter Bernard Pivot sur la place Steevy Boulay.
A l'extrême-gauche: Suspense en revanche chez les trotskystes. Olivier Besancenot a avoué n'avoir récolté que 350 parainnages sur les 500 exigés, pour le moment.
Du coup, le postier s'est radouci auprès de José Bové et de la gauche du NON qu'il avait envoyé se faire voir pour faire cavalier seul.
Un peu comme un ado qui dit à ses parents "Z'êtes que des cons!" en claquant la porte et qui revient dix minutes plus tard tout penaud en demandant "Et sinon, vous z'auriez pas 150 euros?".
Tsss. P'tit con, va.
A droite: Suspense insoutenable...Michèle Alliot-Marie va-t-elle oui ou non se présenter à la présidentielle?
En fait, il n'y a aucune chance vu qu'elle y récolterait 3% et une interdiction de territoire sur l'UMP Sarkoisée pendant trois siècles, mais elle fait durer le faux suspense, histoire de se trouver une porte de sortie pour ne pas avoir l'air de se dégonfler.
Logiquement, elle devrait s'en tirer par un: "Pour ne pas diviser la droite, face au danger Le Pen, je préfère ne pas me présenter".
Très bien, mais il y avait aussi:"J'peux pas, j'ai une soirée bidasses au Liban" ou encore "2007? Ah pardon, j'avais compris 2057 parce que là, ce sera bon" ou plus audacieux, "j'y vais pas, j'ai trop peur d'humilier Sarkozy en faisant 60% au premier tour".
A l'extrême-droite: Autre suspense, bien éventé...Durant les cinq mois qui nous séparent de l'élection présidentielle Philippe De Villiers va-t-il réussir à dire un truc intelligent?
Franchement, j'ai l'impression qu'il y met de la mauvaise volonté...