Les Berkman se séparent

Vous savez quoi, au départ, je comptais écrire un article pour vous dire à quel point la très médiatisée Christine Angot était une grosse conne mais je me suis dit que vous le saviez sûrement déja.
Donc, rien à voir, je vais vous parler des Berkman se séparent. Il s'agit du deuxième film de Noah Baumbach, le scénariste de La vie aquatique. On y retrouve un humour un peu similaire, basé sur le comique de situations et les personnages, un peu ringards, dépassés sous leur allure relax. A la place de l'excellent Bill Murray, Les Berkman...met en scène l'excellent Jeff Daniels, dans le rôle d'un père littéraire qui se sépare de sa femme, littéraire aussi. Leurs deux fils font les frais de la rupture: le plus âgé prend le parti de son père, le plus jeune celui de la mère.
Deux clans se dessinent alors: le clan des deux mâles pétris d'inhibition, noyés sous un intellectualisme un peu pédant et une faculté à tout théoriser - au risque vérifié que la pratique leur échappe complètement et les laisse bêtas dans la vie quotidienne malgré leur grande culture.
L'autre clan est à l'opposé. La mère passe d'homme en homme et étale sa vie sexuelle à ses fils, sans retenue. Le plus petit, à l'orée de la puberté, se touche en matant les sous-vêtements de sa maman et picole des bières en cachette.
Plongée dans les années 80 (quoique la texture granuleuse de l'image et la mise en scène, très caméra à l'épaule, rappellent plutôt les années 70 - et c'est un plaisir), le film exploite la thématique de la famille dysfonctionnelle, sujet qui fait des ravages aux USA, en réaction à la morale puritaine de rigueur, que ce soit au cinéma ou à la télévision (Six feet under).
Bien sûr, dès que ça dysfonctionne, il est toujours question de sexe. Et pour l'occasion, ce n'est ni salace ni glauque: c'est plutôt très drôle. Car Les Berkman... cognent l'air de rien sur les traditionnalistes américains comme sur les intellectuels, censés être plus ouverts, mais dont l'hypocrisie et le malaise sont ici mis en lumière. Une agréable lumière.