Ne le dis à personne, Dans Paris

Dix ans après la mort de sa femme, un pédiatre accède à vidéo sur laquelle il reconnaît sa douce. S'en suivent intrigue, enquête, soupçons...
Souvent quand les français s'attaquent au film de genre (le thriller, en l'occurrence), c'est raté. Pour son deuxième film seulement; Canet a réussi son coup. Tendu, nerveux, sans temps mort, Ne le dis à personne est en outre servi par un casting en or (Cluzet, Baye, Berléand, Dussolier, Rochefort...).
La résolution des nombreuses énigmes est peut-être un peu tarabiscotée mais le film sait ménager ses surprises comme ses scènes d'action (belle poursuite sur le périph et belle attaque du fourgon).
A ne pas manquer donc.

Dans Paris est un peu à l'opposé. Le film de genre n'intéresse pas Christophe Honoré qui lorgne franchement vers la Nouvelle Vague.
A chacun son truc, en l'occurrence, ce n'est pas vraiment le mien. Ici, on suit en parallèle la journée de deux frères opposés: l'un est en pleine rupture, l'autre passe d'une fille à l'autre, tranquillement. La distanciation est voulue mais du coup, comment être vraiment ému - à l'exception d'une jolie scène de rupture en chanson?
Duris et Marchand sont cependant excellents. Garrel a moins loisir de l'être - son personnage étant trop léger pour peser.
Il y a peu de temps, j'écrivais que le cinéma français se portait mal. Le niveau semble se relever un peu, quand même.