Semaine politique XII: ralliements

Dans une campagne, quand les chances de gagner ou même d'exister s'amoindrissent, voire disparaissent, il est temps de se rallier. Car unis, on est plus fort, et puis c'est quand même mieux pour devenir ministre, ensuite. Mais certains - surtout ceux qui n'ont rien à perdre - s'y refusent.
A gauche: Malgré les 3248 vidéos assassines sur le Web, les 2129 débats pièges, les 32721 coups bas et les 12998 petites piques, Segolène Royal a finalement été investie candidate socialiste à l'élection présidentielle.
Après cette râclée et avant d'aller rejoindre Jospin sur la plage de l'île de Ré pour un concours de Scrabble, DSK et Fabius ont annoncé leur ralliement à Ségolène.
Oui, ils ont rallié celle qu'ils qualifiaient de "populiste", "blairiste", "démagogue" et j'en passe. Ils sont donc devenus populistes, blairistes, démagogues - et en plus, loosers.
A l'extrême-gauche: L'élection de Ségolène n'a pas réjoui Besancenot, qui refuse de rallier cette "admiratrice de Blair", selon ses mots. Bon alors, pour en finir avec ça, il faut savoir que la candidate PS avait seulement dit: "Tony Blair n'a pas fait que des mauvaises choses". Avec des raccourcis pareils, la tournée du facteur doit être rapide, à Neuilly.
Au centre: Une tournée d'autant plus rapide si Bayrou est sur le porte-bagage puisque lui-aussi aime les raccourcis et les caricatures. Ces temps-ci, son leitmotiv c'est Ségo=Sarko. Il ne ralliera personne, sauf peut-être Chevènement qui employait les mêmes armes en 2002 ("Chirospin" disait-il) et avec quel succès...
A droite: A l'UMP, Michèle Alliot-Marie refuse de rallier Sarkozy, avec qui elle entretient de vraies et louables divergences, notamment sur la discrimination positive. Divergences accueillies par des sifflets, au dernier meeting de la droite. Sifflets encouragés et approuvés par Sarkozy. Quel rassembleur, cet homme! Quelle classe!
A l'extrême-droite: Le ralliement le plus médiatique de la semaine, c'est tout de même celui de Dieudonné à Le Pen. Je pense qu'il existe un antisémitisme - minoritaire - à l'extrême-gauche. Mais à présent, la place de Dieudonné est à l'extrême-droite.
Pour lui, Le Pen effectue un "virage à gauche" (n'oublions pas que Le Pen souhaite la suppression de l'impôt sur la fortune, ciel, quel gauchiste!).
Dieudonné prétend que le seul vote révolutionnaire aujourd'hui, c'est Le Pen. Même pensée chez l'un des chefs de La ligue de défense Juive, Monsieur Attal, lui-aussi présent à la fête du Front National, le week-end dernier - comme on se retrouve...
En 2002, Le Pen était présent au second tour des présidentielles, et la seule chose que cela a amené, c'est le succès médiatique de Sarkozy, trop content de reprendre la thématique du FN.
Il y a mieux, comme révolution.